Les Merveilles de la science/Les Horloges électriques par Louis Figuier

Les Merveilles de la science/Les Horloges électriques par Louis Figuier

Titre de livre: Les Merveilles de la science/Les Horloges électriques

Auteur: Louis Figuier

Broché: 56 pages

Date de sortie: December 25, 2016

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Louis Figuier avec Les Merveilles de la science/Les Horloges électriques

Nous terminerons la série des applications pratiques de l’électricité, que nous avons voulu examiner dans ce volume, en parlant de l’emploi de l’électricité pour la mesure du temps, et de l’application du même agent aux sonneries pour l’usage des appartements.

C’est un fait malheureusement trop connu, que les horloges, même les mieux construites, ne marchent presque jamais d’accord. La ville de Paris a fait de grands sacrifices pour munir de bonnes horloges concordantes, chaque bureau d’inspecteur de voitures publiques ; mais combien de fois le fait suivant ne vous est-il pas arrivé ! En se promenant sur le boulevard, on voit à l’un de ces prétendus chronomètres, qu’il est midi, par exemple ; on marche ensuite pendant dix minutes, et en passant devant un second bureau pourvu d’une pareille horloge, l’aiguille marque midi moins un quart. Sans doute, il n’y a dans cette marche rétrograde du temps, rien qui soit absolument désagréable, et nous l’acceptons sans déplaisir ; cependant, la conscience secrète que l’on est le jouet d’une illusion, en diminue un peu le charme.

Ces variations trop fréquentes de nos cadrans municipaux, sont loin, d’ailleurs, de constituer une exception parmi les produits si variés de la chronométrie moderne. Depuis longtemps l’on s’efforce inutilement de résoudre le problème de la marche simultanée des horloges, et malgré le nombre infini des moyens qui ont été jusqu’ici mis en œuvre, le succès n’est pas encore venu couronner ces efforts.

N’existe-t-il cependant aucun moyen de faire marcher d’accord deux horloges ? Le raisonnement nous dit qu’il y aurait une manière d’arriver à ce résultat. Si, à l’aiguille qui parcourt le cadran, on attachait, par exemple, une imperceptible petite chaîne, qui pût transmettre le mouvement de cette aiguille à l’aiguille d’un autre cadran, tout pareil au premier, mais ne renfermant ni rouage ni mécanisme, et simplement réduit au cadran proprement dit, il est certain que l’on communiquerait ainsi à l’aiguille de ce second cadran le mouvement du premier, et que les deux horloges marcheraient d’accord. Mais le raisonnement qui précède n’est qu’un jeu de l’esprit. Le poids, la longueur de la chaîne qui relierait les deux cadrans, et surtout sa force d’inertie, apporteraient à la transmission du mouvement des difficultés insurmontables.

Il existe toutefois, un agent admirable, que la nature semble avoir créé tout exprès pour enfanter des merveilles, qui se joue de l’imprévu, qui triomphe de l’impossible, et qui pourrait dire avec autrement de raison que ce courtisan d’un roi absolu : « Si la chose est impossible, elle se fera ; si elle est possible, elle est faite. » Cet agent, c’est l’électricité. Le fluide électrique voyage avec une rapidité qui anéantit le temps ; de plus, il peut produire une action mécanique quand on le met convenablement en jeu. Il réunit donc toutes les conditions qui sont nécessaires pour résoudre la difficulté dont nous parlons, c’est-à-dire pour communiquer le mouvement des aiguilles d’un cadran aux aiguilles d’un second cadran, tout semblable, et produire ainsi la marche simultanée de deux ou de plusieurs horloges.

Essayons maintenant d’expliquer comment on peut faire marcher, à distance, grâce à l’électricité, un ou plusieurs cadrans, au moyen d’une horloge unique.

Toute horloge est munie d’un pendule, ou balancier, destiné à régulariser la détente du ressort moteur, et qui, d’ordinaire, bat la seconde, à chacune de ses oscillations. À chaque extrémité de la course de ce balancier, on peut disposer deux petites lames métalliques que le balancier vienne toucher alternativement, pendant ses deux oscillations périodiques...